J'aime :

       Le blog d'Elsia et son regard sur le monde : c'est varié (éclectique, même), culturel ou pas, musical et très vidéo, passionnant de toute façon, émouvant évidemment. Un blog dix-huit étoiles, minimum.

       Le site du Mammouth déchaîné : histoire de rire de notre quotidien de futurs professeurs, un peu d'humour ne nous fera pas de mal. Douze étoiles, mais mise à jour quelque peu irrégulière.

       Une association de professeurs, Sauver les lettres : pour qui s'intéresse à la sauvegarde de l'enseignement de la littérature. Le meilleur de ce que je préfère, sur leur site, est ici, , encore là, un autre morceau, et, pour finir, ici. Mais tout n'est pas du même tonneau...

       Les mots sont importants : coanimé par Pierre Tévanian et Sylvie Tissot, ce site consacré à l'observation de la langue dans les médias m'a particulièrement intéressé. Leurs "études de cas", qu'on soit d'accord ou pas avec le contenu des textes, sont particulièrement intéressantes, et leur manifeste a le mérite de la clarté.

       Acrimed : un site d'observation et de critique des médias, comme son nom l'indique. Clair, organisé, régulièrement mis à jour, classement thématique de certains sujet, et un moteur de recherches qui marche. Une saine lecture, qu'on ait ou pas la télévision.

      

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Samedi 23 décembre 2006

 

       Bon, bah, voilà, c'est Noël, ou presque, et, vu que cette année, j'ai été trop malade pour envoyer des voeux sur carte bleue-et-dorée comme je le fais d'habitude, j'adresse à ceux (celui ? celle ? ) qui lisent de temps en temps mes élucubrations un joyeux Noël, et, tant qu'on y est, tous mes voeux pour la nouvelle année. Je suis désolée pour les cartes et les cadeaux, je me rattraperai plus tard, promis.  En espérant que ce mea culpa de toute dernière minute vous conviendra...

       Le voeux et les regrets, ce n'est pas tout dans la vie : il y aussi les bouquins, surtout quand on est en train de rater sa maîtrise et qu'on veut quand même se donner l'illusion de se cultiver et de faire quelque chose. Donc, au programme de mes vacances, en alternance avec la décoration de la maison, la couture (cette année, je fais ma robe pour Noël) et la cuisine, il y a Houellebecq. Pas fan, mais alors pas du tout, même pas attirée vaguement par les bouquins, mais bon, les copains sont d'excellents prescripteurs (phrase-type : "tu devrais essayer ça, c'est génial"). Je n'accroche pas, décidément, Houellebecq. Extension de domaine de la lutte pose un problème qui me paraît intéressant, rendre la platitude et le même-pas-désespoir (ça manque d'intensité pour que ce soit vraiment du malheur) du monde contemporain par une platitute intense dans l'écriture, une sorte de recherche du non-style. On peut être d'accord, ou pas, avec l'analyse de l'auteur, et tout de même lui reconnaître cette tentative, pas forcément originale mais assez bien menée, toutefois parsemée des défauts classiques du premier roman (entre autres, un tendance au joli, même si dans ce cas c'est dans le laid, plutôt qu'à ce qui prend aux tripes). Je n'ai pas encore fini Les particules élémentaires, mais, à aprt deux bigotes et trois curés qui ont dû être choqués par les scènes de sexe (absolument misérables, à mon avis, ni drôles, ni choquantes, ni même intéressantes, une scène mal tournée d'un mauvais porno qui vous endort plutôt que de vous exciter - à moins qu'elles ne soient exclusivement destinées à un lectorat masculin, qui n'a toutefois pas lair plus émoustillé que moi), sincèrement, je ne vois pas qui, et pour quelles raisons, a pu trouver prétexte à parler de ce roman, et encore plus à en faire un scandale littéraire. C'est plat, mou, fade, mal écrit, et si j'étais un homme, je résumerais par "débandant".  

       Mais il faut bien avouer que ce qui m'a le plus agacé dans Houellebecq, c'est qu'en répondant à une question pour un magazine adorateur de pseodlittérature quelconque, genre Inrockuptibles, il a tranquillement répondu "j'aime beaucoup Staline".  

Par Mahault - Publié dans : Mes haines, mon salon
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Vendredi 8 décembre 2006

       Je suis toujours en vie, contrairement à ce que peux faire croire l'état d'abandon de ce carnet de bord... qui est en fait très représentatif de mon travail, ces semaines-ci. Néant. Je lis (et encore : je relis mes romans, rien de vraiment constructif à part une étude sur la comtesse de Ségur, qui s'avère totalement inutile à mon travail, donc ce n'est aps vraiment hyper constructif non plus), je dors, et je suis fatiguée. Mon mémoire n'avance pas, ma tête refuse de fonctionner (une grève de Noël, sans doute) sauf quand il s'agit de me stresser, je m'endors à la fac et il pluet dehors, mon vélo est en panne (si, c'est possible), j'en ai ssez de tout. Vivement les vacances... même si je ne vois pas bien ce qu'elles vont pouvoir résoudre dans ces problèmes-là.

      

       Une question se pose donc : faut-il continuer à l'université ? A quoi bon se prendre la tête sur un mémoire qui

1) n'avance pas parce que je suis trop crevée pour me concentrer plus de dix minutes par jour

2)commence à me pomper l'air parce que la période "mes oeuvres me cassent les pieds" vient de commencer

3) ne m'avancera à rien dans la vie, sinon à avoir le droit de rater l'agrégation, dans deux ans ?

Bref, encore une période "questions existentielles pourries auxquelles il faut quand même réussir à répondre, faute de pouvoir les laisser moisir". J'en ai parlé avec ma directrice : c'est une adepte du moins pire, et elle dit assez judicieusement que si ma maîtrise ne me mène à rien, l'arrêter ne me pousse pas à grand-chose non plus.

    Vous avez un avis ?

Par Mahault - Publié dans : ma vie mes oeuvres
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Samedi 2 décembre 2006

       Ce qui s'appelle arriver après la bataille... Le deuxième film de John Cameron Mitchell, Shortbus, est sorti en France il y a déjà quelque temps. En bonne accro à Hedwig and the Angry Inch, je suis allée le voir. Je n'ai pas été déçue. Le cinéma d'art et essai de ma ville présentait ça comme une "quête initatique du plaisir dans une ville en carton-pâte sans courant électrique". C'est juste, mais c'est un peu comme résumer A la Recherche du Temps Perdu en disant "Marcel devient écrivain" : techniquement, c'est exact, mais il manque quand même quelque chose. Ce film est ce qu'il prétend être : il parle de sexe, évidemment, sans fausse pudeur (sans pudeur du tout, d'ailleurs, c'est ce qui le rend intéressant), il parle aussi d'amour, et c'est drôle... Même si j'ai raté un grand moment de rigolade en ne regardant pas assez la télévision pour savoir qui est Jennifer Aniston. Si Shortbus était un film commercial, le sexe serait son argument de vente. Heureusement, ce n'est pas un film commercial, ou alors il se cache bien : le sexe est omniprésent, c'est la base de presque toutes les scènes, et le film réussit à n'être ni violent (je crois aux rapports de pouvoir dans les relations amoureuses, si certains d'entre vous l'ignorent) ni glauque. Jamais. Mais ces scènes sont nécessaires à l'action, à la réflexion, et à la progression du film, la première est remarquablement impressionnante, je ne savais pas que c'était possible d'être aussi souple. Si vous ôtez les scènes considérées comme choquantes et qui ont valu une interdiction aux moins de seize ans à Shortbus, c'est un peu comme si vous tentiez de faire comprendre les causes de la seconde guerre mondiale en montrant un documentaire sur la reproduction des limaces (oui, c'est un jour "métaphores foireuses", le manque de sommeil fait décidément des ravages chez les étudiants) : c'est à côté de la plaque, sans intérêt, et d'un bête point de vue horaire, il ne doit pas rester grand-chose...  Bref, j'ai aimé ce film, pour plein de raisons, aussi parce que je me suis amusée à chercher Hedwig dans ce film où elle n'était pas vraiment mais un peu quand même, et parce que l'actrice qui jouait Sofia est très belle (d'accord, ce n'est pas primordial, mais ça ne gâte rien).

 

Par Mahault - Publié dans : Les choses belles
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Mercredi 22 novembre 2006

       Choc littéraire des trois derniers jours : William Styron. Un journal, je ne sais plus lequel, mentionnait son nom et recommandait la lecture de ses oeuvres dans un article sur le battage médiatique qui accompagne Les Bienveillantes (toujours pas lu, mea maxima culpa, je n'ai pas le temps. Peut-être à Noël...). Toujours à la recherche d'occupation pour mes soirées, j'emprunte, sans en avoir jamais entendu parler avant, Le choix de Sophie à la BU. Il s'avère, en premier lieu, que je suis fortement imperméable aux modes littéraires, parce n'avoir jamais entendu parler de ce bouquin est une sorte d'exploit négatif. A priori, d'après les quelques critiques que j'ai eu en main, ce livre a choqué par son sujet. Non, en fait, pas par son sujet, par une sorte de "péripétie" - désolée pour le mot, je n'en trouve pas d'autre - incluse dans l'histoire. Sophie, elle est polonaise, elle vit en Amérique, nous sommes en 1947. Elle retrouve une sorte de vie normale, elle est sortie d'Auschwitz deux ans plus tôt. Pendant la guerre, elle a perdu ses parents et son mari. Ses enfants, aussi, Jan et Eva, mais nous n'apprenons leur existence qu'assez tard.  Elle est catholique et amoureuse d'un jeune homme juif, Nathan. Tout le livre, c'est le récit de Zosia raconté par le narrateur, Stingo, très jeune écrivain qui découvre tout ce qu'elle lui raconte. Bref, la raison pour laquelle ce bouquin s'est retrouvé mentionné, au hasard d'un article psychologisant, jusque dans les pages de ELLE (authentique, on ne peut pourtant pas soupçonner ces journalistes d'intelligence), ce sont les enfants de Sophie. A son arrivé au camp, Sophie se voit sommée de choisir lequel va partir à la chambre à gaz et lequel va être interné, dans le camp des enfants. Elle envoie sa fille à la mort, et ne reverra jamais son fils : nous ignorons ce qu'il devient, s'il vit, s'il meurt. A ne pas garder pour une soirée déprime, donc. C'est long (900 pages en poche), ça fait mal au coeur et il faut prévoir des mouchoirs si vous avez tendance à l'immersion totale.

       Changement de sujet. Le week-end "réunion tous ensemble a Paris" des 11 et 12 novembre s'est bien passé, malgré un manque d'organisation conjugué à quelques problèmes techniques. Il n'a pas fait beau - tant pis - les musées étaient fermés - tant mieux, ça nous a permis de nous voir, vraiment. Au programme donc, balade dans les rues de Paris, visite d'une petite galerie avec des oeuvres superjolies, très intéressantes, quelques visions ahurissantes et une belle photo floue devant Saint-Eustache. Mitraillage, aussi, de la jolie fille de notre groupe de quatre, par le beau garçon du susdit groupe. Contents de se revoir (enfin, j'espère), discussion mode "je-me-souviens" et mode actuel, rires, repas surréaliste genre mauvaise série télé (le cadre qui ne colle pas avec les personnages et l'action), c'était drôle. Je suis contente d'y être allée, et que les autres soient venus - merci.

       

Par Mahault - Publié dans : Mes livres
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Mercredi 8 novembre 2006

       J'espère que c'est vrai, et que cette avalanche de bonnes choses pour la journée d'hier ne va pas se transformer en catastrophe.  Pessimisme, quand tu nous tiens...

       La première bonne nouvelle, c'est l'avancement de mon mémoire, je ne suis pas en retard, contrairement à ce que je craignais, et tout devrait bien aller... à condition que j'arrête de me prendre la tête parce que nos deux cours de méthodologie sont en désaccord sur, tenez-vous bien, l'utilisation de la typographie (en fait, le gras, les italiques et la forme des guillemets) dans la présentation de notre bibliographie. Comme le veut la tradition universitaire, le directeur est seul maître à bord : le mien me dit que tout va bien...

       La seconde bonne nouvelle, qui n'est que relativement une bonne nouvelle, désolée pour la répétition, est que je me suis enfin décidée à commander mon corset. Victorien long, gris pâle et lacets blancs : on verra bien la tête qu'il aura en arrivant, et moi dedans...

       La troisième, pour en finir, est que ma directrice, qui est écrivain, a accepté de lire mes histoires et de me donner un avis dessus. Victoire ! Enfin, pour le moment, surtout sur moi-même, car rien ne me dit qu'elle va aimer, ni juger mes gribouillages dignes de passer à la postérité... L'espoir fait vivre.

Par Mahault - Publié dans : Des trucs en vrac
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Vendredi 3 novembre 2006

       D'abord, pour ceux qui s'intéresseraient à la littérature jeunesse polonaise des années 20, sachez qu'il existe à Paris une Association Française Janusz Korczak. Comme ça, ça ne fait pas très fun, certes. Mais le responsable de cette association m'a gentiment confirmé une de mes intuitions sur la composition de Roi Mathias Premier... Courage, un jour, je serai une bonne chercheuse ! L'espoir fait vivre, il paraît, j'espère que c'est vrai. C'était l'épisode du jour sur l'avancement de mon travail de maîtrise, merci d'avoir patienté...

       La vraie bonne nouvelle, c'est qu'il y a bientôt une réunion d'amis à Paris. Et qu'il y aura mon meilleur ami, une fille qui m'est très chère et que je n'ai pas vu depuis longtemps, un jeune homme qui m'est également très cher mais pour d'autres raisons et que je ne vois pas assez, et moi. Et qu'on va aller au musée, et parler. Trois de mes passions (mes amis, la culture et la discussion) réunies en même temps, que demander de mieux ?

       Désolée, c'est un jour de coq-à-l'âne... Le sujet d'aujourd'hui, en fait, c'était la psychanalyse : c'est donc un sujet à classer dans Mes haines, mon salon. Tout ça à cause d'un article de Lire, annoncé en couverture comme " Ce que Freud a vraiment dit", ou quelque chose d'approchant, je fais de mémoire... Bref, en bonne curieuse, je me jette sur l'article en question. Et là, déception : ce que Freud a vraiment dit, pour le savoir, il faut lire ses bouquins. A part la bibliographie, l'article n'est ni complet ni sérieux, à mon avis... Je l'ai trouvé d'une partialité incroyable, du genre "Freud est le plus grand génie de l'humanité depuis l'invention de la roue. Peut-on, à la lumière de cette vérité universelle et intangible, discuter son oeuvre ? ". Vous avouerez qu'il y a peut-être mieux comme entrée en matière quand il s'agit, très présomptueusement, de rétablir la vérité...

       Vous l'avez sûrement compris, je ne crois pas à la psychanalyse. Je ne crois pas non plus en un dieu, ni en plusieurs d'ailleurs, ni en aucun système qui demande de croire les yeux fermés à quelque chose de pas prouvé. Je sais, j'aurais dû m'inscrire en biologie plutôt qu'en lettres... Alors, la psychanalyse ne m'agace pas quand elle est présentée pour ce qu'elle est : une hypothèse, parmi bien d'autres, sur la structuration de l'âme et de l'esprit humains, mais comme une science, prouvée, démontrée, impossible à contester sans retomber dans l'obscurantisme le plus XVIIIe. Je n'aime pas ce système qui nous condamne à l'erreur perpétuelle, à la recherche aveugle en se cognant aux murs, au malheur et à la fragilité. J'avoue avoir du mal à comprendre comment autant de gens peuvent affirmer se sentir mieux après une psychanalyse qu'avant : d'après ce que j'en ai compris, cela sert à mettre à jour nos faiblesses, pas du tout à les soigner ou à nous aider. La psychanalyse comme courant de pensée du XXe ? D'accord, c'est même plutôt intéressant. La psychanalyse comme science ? Sans moi. Et, c'est ce qui motivait ce mouvement d'humeur, je milite contre les théories psychanalytiques comme explication des oeuvres littéraires. Il y en a, des profs, des critiques, des commentateurs universitaires freudiens... y compris dans ma petite université de province. Une petite critique psychanalytique de temps en temps, pourquoi pas ? C'est vrai que ça donne des résultats étonnants sur certaines oeuvres, au milieu d'un commentaire mortellement ennuyeux sur la plupart des autres. Mais, de temps en temps, arrêter le délire, ça ne serait pas mal.

Par Mahault - Publié dans : Mes haines, mon salon
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Dimanche 22 octobre 2006

       Je ne supporte plus Renaud. J'en suis désolée pour les chansons qui ont bercé la fin de mon enfance et une bonne partie de mon adolescence, mais leur chanteur est devenu un alcoolique fini (repenti paraît-il), bien-pensant et même chiant, tendance sur le retour. J'ai branché la radio ce matin, en préparant le déjeuner. Sur quoi je tombe ? sur sa dernière chanson, Les bobos. Et je m'énerve en coupant mes carottes, parce que je trouve cette chanson stupide. "Sont fiers de payer beaucoup d'impôts", dit-il ; pourquoi faudrait-il en avoir honte ? Quel mal y a -t-il à travailler "dans l'informatique, les médias" et à être "un peu artiste" ? Bref, cette chanson m'énerve... entre autres parce que j'ai beau avoir beaucoup, beaucoup de défauts, cracher dans la soupe n'a jamais fait partie de mon caractère et c'est quelque chose que je comprends très mal. Question ouverte : qui, aujourd'hui, achète les albums de Renaud ?

       Déjà, j'avais mal supporté la métamorphose de mon ex-chanteur préféré en apôtre de la mauvaise conscience universelle dans son avant-dernier album, Boucan d'enfer (et en plus je déteste Axelle Red). Leur duo dont je ne rappelle même pas le titre, ç'a été tellement matraqué que vous vous en souvenez forcément, posait un constat : les riches font la guerre pour leur seul intérêt et ça fait du mal aux autres. C'est bien de le dire. Mais bon, après, il propose quoi, à part, comme le disait déjà Desproges il y a une bonne vingtaine d'années, "achetez mon disque" ?  Bref, Renaud, qui n'était déjà qu'un faux subversif quand j'étais enfant, est devenu ordinaire, au plus mauvais sens du terme. Terne, dévoyé s'il a jamais eu une mission, il se prend au sérieux. Et le résultat n'est pas beau à voir : au moins, quand j'étais gosse, certaines de ses chansons étaient drôles, plus maintenant. Dommage.

Par Mahault - Publié dans : Humeurs
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Vendredi 20 octobre 2006

... Eh bien, j'ai été déçue. La vocation littéraire de ce blog se perd de plus en plus : aujourd'hui, télévision. Qui n'a jamais zappé pendant deux heures entre le "débat" des candidats à l'investiture socialiste pour les présidentielles et ce feuilleton historico-politico-romandegarico-télévisuel qu'est la minisérie en deux épisodes sur la marquise de Pompadour a raté une des plus grandes expériences surréalistes contemporaines de la semaine.

       Commençons par le commencement ; je n'ai pas choisi le programme, mais bon, le "débat" m'intéressait (on se demande bien pourquoi, puisque je ne voterai pas pour cette nomination-là, n'ayant pas ma carte au PS). Précisément : un débat m'aurait intéressé, mais le dialogue de sourds qui s'est déroulé sur l'écran en alternance avec Damien Jouillerot en fils de Louis XV m'a laissée un peu perplexe (pour en finir avec ce truc, précisons tout de suite que je n'ai pas aimé, exactement pour les mêmes raisons que je hais les romans Harlequin, Barbara Cartland et l'eau de rose en général). Pourquoi faire ça (c'est-à-dire la candidature à l'investiture, faut suivre) à la télé ? Après tout, une émission où chacun des candidats répond à son tour sur des questions préparées, sans qu'aucune de ces bonnes personnes ne se sente tenue de prendre en compte ce que disent les autres, on aurait gagné à ce qu'elle se fasse sur papier, dans un journal : moins de temps perdu. Et, qui plus est, on aurait évité le spectacle proprement exaspérant de ces visages plus figés que des gargouilles dans un sourire éternel qui confine au rictus. Bref, si ça vous intéresse, l'opinion de Royal sur le logement social, c'est que l'essentiel, c'est qu'il marche aux panneaux solaires et aux énergies renouvelables.  L'avis de Fabius, c'est qu'il n'y en a pas assez (on peut être d'accord, ou pas, d'ailleurs, mais pas un mot sur une possible solution). L'avis de Strauss-Kahn... Désolée, j'ai oublié. Le festival fut quand même la dernière question : en quoi êtes-vous différent des autres ? Fabius, premier interrogé, a répondu en citant le programme du PS pour ces présidentielles. Citer un compromis pour se différencier, il faut oser... Strauss-Kahn, deuxième, a répondu en reprenant toutes les propositions que Fabius venait d'énoncer, en disant à chaque fois qu'il proposait plus. Et, la cerise confite sur la crème fouettée, la réponse de Royal. Qui a brillament parlé au moins trois minutes (c'est très long), tout ça pour ne pas répondre à la question posée et dire, exactement, rien. Alors, la vraie différence entre Royal et les deux autres, je vous la donne, en exclusivité : elle avait une veste blanche et les deux hommes une veste noire. Voilà. Pour le reste, ça m'a laissé l'impression du grand congrès annuel des dents qui rayent le parquet.  Allez, j'attends la même émission sur la droite pour le match retour...

Par Mahault - Publié dans : Humeurs
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Vendredi 6 octobre 2006

       Enthousiasme délirant il y a une semaine, et grosse, grosse crise d'angoisse maintenant que je me rends compte que rien ou presque n'a été publié sur les oeuvres que j'ai choisies pour ma maîtrise... Bref, pour résumer ma vie universitaire, c'est pas la joie, mais ça va passer (là, en fait, c'est un appel désespéré à ma directrice, qui ignore tout de cette page et n'y atterrira jamais - en plus, j'ignore l'orthographe exacte du verbe "atterrir"). Pitié, si une bonne âme qui me connait tombe sur cette page, dites-moi que ça va aller... Pour tout vous dire, maintenant que j'en suis rendue à mes problèmes d'études, j'ai choisi une maîtrise en littérature comparée sur, tenez-vous bien, la figure de l'enfant-roi dans la littérature de jeunesse européenne de la fin du XIXe à la fin du XXe : Quel amour d'enfant de Sophie de Ségur, Le roi Mathias Premier de Janusz Korczak, Charlie et la Chocolaterie de Roald Dalh. Pour peu que vous ayez le minimum vital de bon sens, ce qui semble me manquer, vous allez vous dire : pourquoi diable ce sujet-là, précisément ? Pour plusieurs raisons, aussi folles les unes que les autres.

       D'abord parce que je tiens à faire de la littérature comparée, parce que j'aime ça, que c'est un apprentissage long et compliqué de l'esprit critique, qu'il faut lire, énormément, et que j'adore ça. En fait, il y a des jours où je me dis que, sans cette matière, ma préférée, je m'ennuierais profondément à l'université.  Ensuite parce que faire de la littérature comparée, si peu que ce soit, est une forme de fidélité à un de mes professeurs, qui s'appelle Sylvie Camet et dont je vous ai déjà parlé (cf Vous, vous, encore vous...), parce qu'elle a créé dans mon cursus une forme d'enchantement qui tenait dans cette leçon du jeudi, l'option littérature et théâtre, et dans son cours de littérature comparée, parce qu'elle est passionnante et passionnée, et que jamais personne n'avait ainsi pris la peine et le temps d'ouvrir pour moi et pour les autres les arcanes de certains romans. Enfin, parce que cette année de M1 est l'occasion de travailler avec elle, et je savais que cela serait déterminant : je ne veux faire une maîtrise que pour pouvoir la faire sous sa direction. Bon, en fait, aussi, parce que j'ai aimé ces romans, il y a longtemps, et que je voulais recréer pendant une année entière la magie de ces années-là, la fin de l'enfance.

       Appel à tous : si jamais une critique de ces romans particuliers vous tombait sous les yeux, et qu'elle soit écrite en anglais ou en français, pourriez-vous s'il vous plaît m'en envoyer les références ? Comme nous le disait un professeur lors de notre premier cours, ça ne changera certes pas la face du monde, mais ça apportera toujours une pierre à l'édifice.

Par Mahault - Publié dans : ma vie mes oeuvres
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Lundi 25 septembre 2006

       Point de livres, aujourd'hui : à la place, une de mes récentes lubies, les corsets. Les vrais, ceux que les femmes et certains hommes ont porté jusqu'au début du XXe siècle. Ceux dont on a dit tant de mal, qu'ils rendaient les femmes malades, qu'ils les empêchaient de respirer, de s'asseoir, etc.

       C'est étrange : il y a trente et quarante ans, les féministes brûlaient leur soutien-gorge. Et, maintenant, leurs filles et petites-filles, renfilent, au moins sur les podiums, les corsets des mères de ces incendiaires. Car les corsets reviennent à la mode. Après avoir été un symbole de l'oppression féminine, de la domination masculine sur le monde entier, jusqu'à la taille des femmes, ils symbolisent aujourd'hui l'érotisme, ou les mondes moins connus des gothiques et des SM. Faut-il y voir l'application de le théorie des cycles, tout finit toujours par revenir, etc ? Je ne crois pas... peut-être, après plusieurs décennies de soutiens-gorges de plus en plus confortables (ce n'est pas un mal) et de plus en plus minimalistes, certaines femmes redécouvrent-elles le plaisir des "vêtements de dessous". Cette expression très désuète a au moins le mérite d'être explicite : avant, on s'habillait en dessous des robes, pour soi ou pour l'autre ; maintenant, pour cet(te) autre, on se déshabille. Et j'ai comme l'impression qu'on y a perdu quelque chose...

       Il ne faut pas se leurrer : les femmes en corset d'aujourd'hui (hors les amateurs de tightlacing) ne souffrent plus (ou plus trop) de leurs corsets. Pour une raison très simple : ils ne sont plus fabriqués exactement comme au XIXe, à quelques exceptions près. On en a ôté cette pièce de métal du devant, qui avait pour fonction d'aplatir le ventre, voire de l'écraser et d'appuyer sur la poitrine pour la faire ressortir. Et pour une autre raison, beaucoup plus évidente : la mode n'impose plus de se serrer jusqu'à suffoquer. Et, en serrant soi-même son corset, car il est tout de même assez rare, de nos jours, d'avoir quelqu'un pour l'attacher le matin, on sent exactement l'effet produit, donc on tire moins sur les lacets...  Bref, on n'exagère pas.

       Il existe différentes formes de corsets : les plus connues sont le serre-taille, le victorien court, le victorien long et l'edwardien. Le serre-taille, comme son nom l'indique, ne prend que la taille et les côtes flottantes (celles qui ne sont pas soudées devant), et monte au maximum jusqu'au sternum. Le victorien court, dit aussi underbust, arrive juste sous la poitrine : il tient un peu plus le dos que le serre-taille. Le victorien long (overbust) couvre le buste de la poitrine jusqu'aux hanches, et descend parfois même plus bas... mais, dans ce cas, la position assise est strictement impossible ! L'edwardien, enfin, donne une cambrure en forme de S, très inconfortable à mon avis, assez spectaculaire de profil (la poitrine et les fesses ressortent parfaitement, la taille est extrêmement mince), mais un peu outrée pour maintenant.

       Vous l'aurez compris en regardant la photo, mon préféré, c'est le victorien long. J'en voudrais un pas trop long (je veux pouvoir m'asseoir avec !), blanc, gris ou bleu comme mes yeux, en piqué de coton, un joli tissu assez épais. J'ai trouvé une corsetière, défini précisément ce que je voulais, reste à trouver le financement... mais c'est bientôt mon anniversaire. Enfin, un message à celui qui a trouvé, au nom du féminisme, que les corsets étaient un instrument de torture : que ça ne te plaise pas, d'accord, je comprends. Mais le féminisme a revendiqué pour chaque femme le droit de décider pour elle-même, non ?

Quelques liens :

le travail de Lou : www.vanillecreation.net

le travail de Caroline : www.volutecorsets.com   

Par Mahault - Publié dans : Chiffons et bouts de ruban
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