J'aime :

       Le blog d'Elsia et son regard sur le monde : c'est varié (éclectique, même), culturel ou pas, musical et très vidéo, passionnant de toute façon, émouvant évidemment. Un blog dix-huit étoiles, minimum.

       Le site du Mammouth déchaîné : histoire de rire de notre quotidien de futurs professeurs, un peu d'humour ne nous fera pas de mal. Douze étoiles, mais mise à jour quelque peu irrégulière.

       Une association de professeurs, Sauver les lettres : pour qui s'intéresse à la sauvegarde de l'enseignement de la littérature. Le meilleur de ce que je préfère, sur leur site, est ici, , encore là, un autre morceau, et, pour finir, ici. Mais tout n'est pas du même tonneau...

       Les mots sont importants : coanimé par Pierre Tévanian et Sylvie Tissot, ce site consacré à l'observation de la langue dans les médias m'a particulièrement intéressé. Leurs "études de cas", qu'on soit d'accord ou pas avec le contenu des textes, sont particulièrement intéressantes, et leur manifeste a le mérite de la clarté.

       Acrimed : un site d'observation et de critique des médias, comme son nom l'indique. Clair, organisé, régulièrement mis à jour, classement thématique de certains sujet, et un moteur de recherches qui marche. Une saine lecture, qu'on ait ou pas la télévision.

      

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Mes haines, mon salon

Vendredi 3 novembre 2006

       D'abord, pour ceux qui s'intéresseraient à la littérature jeunesse polonaise des années 20, sachez qu'il existe à Paris une Association Française Janusz Korczak. Comme ça, ça ne fait pas très fun, certes. Mais le responsable de cette association m'a gentiment confirmé une de mes intuitions sur la composition de Roi Mathias Premier... Courage, un jour, je serai une bonne chercheuse ! L'espoir fait vivre, il paraît, j'espère que c'est vrai. C'était l'épisode du jour sur l'avancement de mon travail de maîtrise, merci d'avoir patienté...

       La vraie bonne nouvelle, c'est qu'il y a bientôt une réunion d'amis à Paris. Et qu'il y aura mon meilleur ami, une fille qui m'est très chère et que je n'ai pas vu depuis longtemps, un jeune homme qui m'est également très cher mais pour d'autres raisons et que je ne vois pas assez, et moi. Et qu'on va aller au musée, et parler. Trois de mes passions (mes amis, la culture et la discussion) réunies en même temps, que demander de mieux ?

       Désolée, c'est un jour de coq-à-l'âne... Le sujet d'aujourd'hui, en fait, c'était la psychanalyse : c'est donc un sujet à classer dans Mes haines, mon salon. Tout ça à cause d'un article de Lire, annoncé en couverture comme " Ce que Freud a vraiment dit", ou quelque chose d'approchant, je fais de mémoire... Bref, en bonne curieuse, je me jette sur l'article en question. Et là, déception : ce que Freud a vraiment dit, pour le savoir, il faut lire ses bouquins. A part la bibliographie, l'article n'est ni complet ni sérieux, à mon avis... Je l'ai trouvé d'une partialité incroyable, du genre "Freud est le plus grand génie de l'humanité depuis l'invention de la roue. Peut-on, à la lumière de cette vérité universelle et intangible, discuter son oeuvre ? ". Vous avouerez qu'il y a peut-être mieux comme entrée en matière quand il s'agit, très présomptueusement, de rétablir la vérité...

       Vous l'avez sûrement compris, je ne crois pas à la psychanalyse. Je ne crois pas non plus en un dieu, ni en plusieurs d'ailleurs, ni en aucun système qui demande de croire les yeux fermés à quelque chose de pas prouvé. Je sais, j'aurais dû m'inscrire en biologie plutôt qu'en lettres... Alors, la psychanalyse ne m'agace pas quand elle est présentée pour ce qu'elle est : une hypothèse, parmi bien d'autres, sur la structuration de l'âme et de l'esprit humains, mais comme une science, prouvée, démontrée, impossible à contester sans retomber dans l'obscurantisme le plus XVIIIe. Je n'aime pas ce système qui nous condamne à l'erreur perpétuelle, à la recherche aveugle en se cognant aux murs, au malheur et à la fragilité. J'avoue avoir du mal à comprendre comment autant de gens peuvent affirmer se sentir mieux après une psychanalyse qu'avant : d'après ce que j'en ai compris, cela sert à mettre à jour nos faiblesses, pas du tout à les soigner ou à nous aider. La psychanalyse comme courant de pensée du XXe ? D'accord, c'est même plutôt intéressant. La psychanalyse comme science ? Sans moi. Et, c'est ce qui motivait ce mouvement d'humeur, je milite contre les théories psychanalytiques comme explication des oeuvres littéraires. Il y en a, des profs, des critiques, des commentateurs universitaires freudiens... y compris dans ma petite université de province. Une petite critique psychanalytique de temps en temps, pourquoi pas ? C'est vrai que ça donne des résultats étonnants sur certaines oeuvres, au milieu d'un commentaire mortellement ennuyeux sur la plupart des autres. Mais, de temps en temps, arrêter le délire, ça ne serait pas mal.

Par Mahault
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Samedi 23 décembre 2006

 

       Bon, bah, voilà, c'est Noël, ou presque, et, vu que cette année, j'ai été trop malade pour envoyer des voeux sur carte bleue-et-dorée comme je le fais d'habitude, j'adresse à ceux (celui ? celle ? ) qui lisent de temps en temps mes élucubrations un joyeux Noël, et, tant qu'on y est, tous mes voeux pour la nouvelle année. Je suis désolée pour les cartes et les cadeaux, je me rattraperai plus tard, promis.  En espérant que ce mea culpa de toute dernière minute vous conviendra...

       Le voeux et les regrets, ce n'est pas tout dans la vie : il y aussi les bouquins, surtout quand on est en train de rater sa maîtrise et qu'on veut quand même se donner l'illusion de se cultiver et de faire quelque chose. Donc, au programme de mes vacances, en alternance avec la décoration de la maison, la couture (cette année, je fais ma robe pour Noël) et la cuisine, il y a Houellebecq. Pas fan, mais alors pas du tout, même pas attirée vaguement par les bouquins, mais bon, les copains sont d'excellents prescripteurs (phrase-type : "tu devrais essayer ça, c'est génial"). Je n'accroche pas, décidément, Houellebecq. Extension de domaine de la lutte pose un problème qui me paraît intéressant, rendre la platitude et le même-pas-désespoir (ça manque d'intensité pour que ce soit vraiment du malheur) du monde contemporain par une platitute intense dans l'écriture, une sorte de recherche du non-style. On peut être d'accord, ou pas, avec l'analyse de l'auteur, et tout de même lui reconnaître cette tentative, pas forcément originale mais assez bien menée, toutefois parsemée des défauts classiques du premier roman (entre autres, un tendance au joli, même si dans ce cas c'est dans le laid, plutôt qu'à ce qui prend aux tripes). Je n'ai pas encore fini Les particules élémentaires, mais, à aprt deux bigotes et trois curés qui ont dû être choqués par les scènes de sexe (absolument misérables, à mon avis, ni drôles, ni choquantes, ni même intéressantes, une scène mal tournée d'un mauvais porno qui vous endort plutôt que de vous exciter - à moins qu'elles ne soient exclusivement destinées à un lectorat masculin, qui n'a toutefois pas lair plus émoustillé que moi), sincèrement, je ne vois pas qui, et pour quelles raisons, a pu trouver prétexte à parler de ce roman, et encore plus à en faire un scandale littéraire. C'est plat, mou, fade, mal écrit, et si j'étais un homme, je résumerais par "débandant".  

       Mais il faut bien avouer que ce qui m'a le plus agacé dans Houellebecq, c'est qu'en répondant à une question pour un magazine adorateur de pseodlittérature quelconque, genre Inrockuptibles, il a tranquillement répondu "j'aime beaucoup Staline".  

Par Mahault
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Jeudi 22 février 2007

       Aujourd'hui, c'est plus "mes haines" que "mon salon", puisque je viens de découvrir (oui, en retard, évidemment) Alain Soral, par le biais d'un article de Pierre Tévanian, sur Les mots sont importants (saine lecture). Je ne suis pas une féministe acharnée, loin de là, mais ce type-là (Soral, pas Tévanian) me donne envie d'aller m'encarter aux Chiennes de Garde rien que pour avoir un petit bout de légitimité à lui répondre. Sur son site (vous le trouverez bien tout seul, je ne m'inquiète pas pour vous, Google oeuvre pour tout le monde), vous avez un aperçu de ses doctrines, de sa haine des féministes (voire des femmes, en fait, je ne suis pas sûre d'être allée jusqu'au bout de la pensée de ce sinistre personnage) et du reste. Page 5, sur ce même site, au post daté du 23 mars 2006, on trouve des extraits d'un de ses livres, joués par un comédien. Ma curiosité sans bornes m'a poussée à les regarder.

       J'aurais pas dû. Cette méchanceté crasse, ces propos de café du commerce haineux et homophobes, cette complaisance dans le crade et le pipi-caca, ce racisme et cette vulgarité m'ont fait sortir de mes gonds. Première question : qui a pensé que ces propos méritaient d'être joués ? Bon, cette question trouvera sûrement une réponse un jour, je ne m'en fais pas, il y a toujours quelqu'un pour jouer sur le scandale. Deuxième question : pourquoi ce comédien a-t-il accepté ce texte ? Troisième question, la plus lancinante et la plus douloureuse : pourquoi les gens rient-ils, dans la salle, au lieu de siffler et de s'indigner, de partir ?

       Pour finir, histoire de se remettre, laissons la parole au regretté Desproges : "j'ai pris congé pour aller vomir plus loin.".

Par Mahault
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Samedi 28 avril 2007

      Je parle des préservatifs, évidemment (phrase liminaire réservée aux moins de douze ans).  Pourquoi une brusque crise sur ces machins en caoutchouc ? Parce que je n'aime pas ça. D'accord, ce n'est pas nouveau, depuis ma plus tendre enfance (enfin, le début de ma vie sexuelle - pas la peine de criser, papa, j'étais majeure) j'ai fait ce que je pouvais pour m'en passer.

       Oui, mais là, je ne peux pas : l'autre n'est pas d'accord. Il a peur que je tombe enceinte (franchement, je ne vais pas aller jusqu'à dire que la contraception c'est une affaire de filles, mais quand même : est-ce que j'ai l'air de vouloir un bébé ? Si ? Vous êtes sûr ?), et il prend en compte la possibilité des virus. Il est normal, et raisonnable. Moi pas. Je ne suis pas malade, et je prends la pilule.

       D'accord, dit comme ça, ça fait soufflante dans le vide de fille bourrée. En fait, non. Même pas bourrée. Juste excédée par cette manie actuelle de faire l'amour dans du plastique. Juste énervée, et très déçue (oui, je déborde du sujet, en termes universitaires ça s'appelle une ouverture de conclusion) par le fait que ces quelques grammes de latex incolore servent à se défendre de l'autre, et à le tenir à distance.

Par Mahault
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