
Point de livres, aujourd'hui : à la place, une de mes récentes lubies, les corsets. Les vrais, ceux que les femmes et certains hommes ont porté jusqu'au début du XXe siècle. Ceux dont on a dit tant de mal, qu'ils rendaient les femmes malades, qu'ils les empêchaient de respirer, de s'asseoir, etc.
C'est étrange : il y a trente et quarante ans, les féministes brûlaient leur soutien-gorge. Et, maintenant, leurs filles et petites-filles, renfilent, au moins sur les podiums, les corsets des mères de ces incendiaires. Car les corsets reviennent à la mode. Après avoir été un symbole de l'oppression féminine, de la domination masculine sur le monde entier, jusqu'à la taille des femmes, ils symbolisent aujourd'hui l'érotisme, ou les mondes moins connus des gothiques et des SM. Faut-il y voir l'application de le théorie des cycles, tout finit toujours par revenir, etc ? Je ne crois pas... peut-être, après plusieurs décennies de soutiens-gorges de plus en plus confortables (ce n'est pas un mal) et de plus en plus minimalistes, certaines femmes redécouvrent-elles le plaisir des "vêtements de dessous". Cette expression très désuète a au moins le mérite d'être explicite : avant, on s'habillait en dessous des robes, pour soi ou pour l'autre ; maintenant, pour cet(te) autre, on se déshabille. Et j'ai comme l'impression qu'on y a perdu quelque chose...
Il ne faut pas se leurrer : les femmes en corset d'aujourd'hui (hors les amateurs de tightlacing) ne souffrent plus (ou plus trop) de leurs corsets. Pour une raison très simple : ils ne sont plus fabriqués exactement comme au XIXe, à quelques exceptions près. On en a ôté cette pièce de métal du devant, qui avait pour fonction d'aplatir le ventre, voire de l'écraser et d'appuyer sur la poitrine pour la faire ressortir. Et pour une autre raison, beaucoup plus évidente : la mode n'impose plus de se serrer jusqu'à suffoquer. Et, en serrant soi-même son corset, car il est tout de même assez rare, de nos jours, d'avoir quelqu'un pour l'attacher le matin, on sent exactement l'effet produit, donc on tire moins sur les lacets... Bref, on n'exagère pas.
Il existe différentes formes de corsets : les plus connues sont le serre-taille, le victorien court, le victorien long et l'edwardien. Le serre-taille, comme son nom l'indique, ne prend que la taille et les côtes flottantes (celles qui ne sont pas soudées devant), et monte au maximum jusqu'au sternum. Le victorien court, dit aussi underbust, arrive juste sous la poitrine : il tient un peu plus le dos que le serre-taille. Le victorien long (overbust) couvre le buste de la poitrine jusqu'aux hanches, et descend parfois même plus bas... mais, dans ce cas, la position assise est strictement impossible ! L'edwardien, enfin, donne une cambrure en forme de S, très inconfortable à mon avis, assez spectaculaire de profil (la poitrine et les fesses ressortent parfaitement, la taille est extrêmement mince), mais un peu outrée pour maintenant.
Vous l'aurez compris en regardant la photo, mon préféré, c'est le victorien long. J'en voudrais un pas trop long (je veux pouvoir m'asseoir avec !), blanc, gris ou bleu comme mes yeux, en piqué de coton, un joli tissu assez épais. J'ai trouvé une corsetière, défini précisément ce que je voulais, reste à trouver le financement... mais c'est bientôt mon anniversaire. Enfin, un message à celui qui a trouvé, au nom du féminisme, que les corsets étaient un instrument de torture : que ça ne te plaise pas, d'accord, je comprends. Mais le féminisme a revendiqué pour chaque femme le droit de décider pour elle-même, non ?
Quelques liens :
le travail de Lou : www.vanillecreation.net
le travail de Caroline : www.volutecorsets.com
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