J'aime :

       Le blog d'Elsia et son regard sur le monde : c'est varié (éclectique, même), culturel ou pas, musical et très vidéo, passionnant de toute façon, émouvant évidemment. Un blog dix-huit étoiles, minimum.

       Le site du Mammouth déchaîné : histoire de rire de notre quotidien de futurs professeurs, un peu d'humour ne nous fera pas de mal. Douze étoiles, mais mise à jour quelque peu irrégulière.

       Une association de professeurs, Sauver les lettres : pour qui s'intéresse à la sauvegarde de l'enseignement de la littérature. Le meilleur de ce que je préfère, sur leur site, est ici, , encore là, un autre morceau, et, pour finir, ici. Mais tout n'est pas du même tonneau...

       Les mots sont importants : coanimé par Pierre Tévanian et Sylvie Tissot, ce site consacré à l'observation de la langue dans les médias m'a particulièrement intéressé. Leurs "études de cas", qu'on soit d'accord ou pas avec le contenu des textes, sont particulièrement intéressantes, et leur manifeste a le mérite de la clarté.

       Acrimed : un site d'observation et de critique des médias, comme son nom l'indique. Clair, organisé, régulièrement mis à jour, classement thématique de certains sujet, et un moteur de recherches qui marche. Une saine lecture, qu'on ait ou pas la télévision.

      

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Mes livres

Lundi 11 septembre 2006

       Voilà, c'est la rentrée. Les feuilles commencent à tomber, tout est rouge et roux, c'est le moment d'aller au cinéma, au théâtre, de ressortir les pulls, de faire la queue pour avoir sa carte de bus, de s'inscrire à la bibliothèque et de retourner à la fac, avec le sourire, parce que c'est quelque chose que j'adore. Quelques corvées, aussi, au programme : le permis de conduire, se chercher un copain, se remettre au latin et à l'ancien français.

       Tout cela pour dire que je vais vous parler (pas très régulièrement, hélas, parce que pas l'internet chez moi) de livres que j'ai aimé, de ceux que j'ai détesté, un peu moins forcément, de ceux qui m'ont fait rire, parce qu'il y en beaucoup. Mention importante, je revendique la subjectivité de mes choix : j'ai aimé des livres parce qu'on me les a offerts, parce que j'ai aimé ou j'aime leur auteur, parce que c'était l'objet d'étude d'un prof formidable, pour plein d'autres raisons. Je n'ai pas la prétention de composer une bibliothèque idéale : je vous parle de ma bibliothèque idéale. J'espère aussi vous parler d'autres choses, politique, actualité internationale (un peu, parce que je n'y connais rien), coups de coeur et râleries. Mais l'essentiel de ma vie tenant dans mes bouquins, ce sera sans doute ce dont je parlerai le plus : allergiques à l'encre, au papier, à l'ambiance feutrée ou pas des librairies, passez votre chemin. Aux autres, bienvenue

Par Mahault
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Mardi 12 septembre 2006

       Aujourd'hui, un court hommage à Umberto Eco, plus précisément au Nom de la Rose et à un recueil de chroniques publiées en recueil sous le titre Comment voyager avec un saumon.

       J'imagine que Le Nom de la Rose n'a aucun secret pour vous. Fous du film ou accros au bouquin, voire les deux, comme moi, vous avez rêvé de la rencontre sur cette l'angoissante question de savoir si Jésus avait possédé un bout de tissu pour s'habiller, de cette abbaye-forteresse à la fois sombre, glauque et à ciel ouvert, des mystères de la bibliothèque et peut-être avez-vous vous aussi pleuré devant l'incendie final. Cette scène, le vieil aveugle qui fout le feu à tous ces livres pour protéger la doctrine et la peur des croyants, m'a obligée à finir un paquet de mouchoirs à peine entamé... heureusement, je savais déjà que je ne serai pas bibliothécaire, sans quoi je ne sais pas à quelles extrémités m'aurait poussé la rage ! Un livre "catégorie superplus", s'il y avait des catégories dans mes étagères, parce que je suis amateur d'énigmes et que piger le fonctionnement de la bibliothèque a été difficile (obligée, moi aussi, de dessiner un plan...), et qu'en plus, j'aime bien les polars.

        En lisant Comment voyager avec un saumon, vous aurez enfin une réponse, même si ce n'est pas tout à fait celle que vous attendez, à cette angoissante question : comment terminer un voyage de trois jours avec un saumon fumé long comme un fusil sous le bras ? Vous saurez aussi comment perdre votre permis de conduire, lire un manuel d'informatique, comment on peut résoudre le problème de l'entente entre les peuples extraterrestres (fou rire garanti, surtout si on vous a déjà demandé en face, dans un service administratif quelconque, quelque chose comme "prouvez-nous que vous êtes en vie"), vous apprendrez la manière subtile de flatter l'oeuvre d'un artiste sans mentir ; l'auteur plonge même dans les arcanes théologiques pour déterminer la religion des différents systèmes d'exploitation du marché. J'ai trouvé ce bouquin très drôle, il a sauvé une semaine de vacances en Bretagne, sous la pluie. La forme chronique est très agréable à lire, et les extraits de la Cacopédie en cadeau bonus sont un pur délice. Si vous aimez Desproges, n'hésitez pas : la langue est tout à fait différente, mais on retrouve dans ce recueil la jubilation devant les absurdités de la vie quotidienne.

Par Mahault
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Dimanche 17 septembre 2006

        Puisque c'est la rentrée, qu'on achète et qu'on lit des ouvrages techniques, anatomie humaine, critique structuraliste de Huysmans, atlas mondial des cours d'eau inférieurs à vingt kilomètres, méthode Assimil parce que stage à l'étranger, au Tibet ou au Vietnam, bientôt..., autant se faire plaisir et, un dimanche soir, éteindre la télé pour se faire un bon polar.

       Un de ceux de Fred Vargas, par exemple. Son second roman, Ceux qui vont mourir te saluent, a été publié en 1987 ; il lui apporte, sinon la gloire, au moins la renommée. L'auteur est, dans la vie, archéologue et médiéviste : sa formation crève les yeux dans la structure de certains de ses romans, en particulier Pars vite et reviens tard. Pour faire vite, l'intrigue tourne autour de la renaissance de la peste à Paris... Je n'ai lu que trois romans de Fred Vargas (sur les seize livres qu'elle a publié, voir http://perso.orange.fr/calounet/biographies/vargas_biographie.htm, partie bibliographie), les deux déjà cités et un autre, L'homme aux cercles bleus (à mon avis le meilleur des trois), ou comment se faire passer pour un maniaque, changer d'identité, et tenter d'embobiner les flics rien que pour empêcher sa femme de divorcer. Bref, un labyrinthe assez spectaculaire, comme dans les autres romans, d'ailleurs... Les livres de Fred Vargas (enfin, les trois que j'ai lu) ont une construction assez compliquée, très enchevêtrée, et mon seul regret est qu'elle ne donne pas au lecteur toutes les clés : il est totalement inutile de commencer un de ses romans par la fin, ils ne se lisent pas comme un Agatha Christie. Ces trois romans sont prenants, le rythme est assez lent puis s'accélère jusqu'à donner le vertige, et  ce sont des polars "traditionnels" : il s'agit toujours d'un meurtre ou d'un complot classique, pas d'interventions extraterrestres ici, mais un scénario solide, copliqué, qui tient vraiment debout, et c'est agréable... surtout en comparaison de tous les policiers à l'intrigue capillotractée qui sont régulièrement mis à l'honneur.  

 

Par Mahault
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Mardi 19 septembre 2006

       Formation classique oblige, un de mes auteurs préférés est Guy de Maupassant.  Les nouvelles, bien sûr, les contes, et les romans : Mont-Oriol, Une vie, et, surtout, Bel-Ami. Georges Duroy, le héros, est un obscur employé parisien qui, par la magie d'un journal et d'une moustache blonde, va finir un des maîtres de Paris. Comment ? Tentative d'explication des trucs d'un illusioniste.

       Duroy est moyen en tout, il ne sait pas écrire, il a fait son service, il a une instruction superficielle (raté son bac plusieurs fois), pas de famille, pas de nom, pas même une femme née dans une bonne famille, riche / puissante / influente  ou tout ça à la fois. Georges Duroy n'est rien et vit d'une place d'employé aux chemins de fer. Mais ce zéro quasi-absolu possède tout de même deux atouts : il est ambitieux (certes, il n'est pas le seul, mais l'ambition, la vraie, n'est pas donnée à tous les héros de roman), et il plaît. Aux femmes, aux hommes aussi. Il plaît par sa nullité même, par son capacité à être ce que veulent les autres. Âmes sensibles s'abstenir : Georges Duroy dit de Cantel se sert des femmes comme des barreaux d'une échelle.

       Cinq profils de femmes dans ce roman touffu. Madeleine, sa femme, l'initiatrice, l'excellente journaliste qui écrit ses articles. Madeleine est belle, c'est la première femme que Duroy désire en arrivant dans la société, c'est l'épouse de son camarade, Charles Forestier, la maîtresse du comte de Vaudrec, une fine mouche, rusée et sans scrupules, charmante comme un maquillage de théâtre : on en admire la beauté en sachant qu'elle est fausse et truquée. Clotilde de Marelle est la maîtresse, celle qui assure la continuité amoureuse du roman : elle est là du tout début jusqu'à l'image finale, la sienne en train de se recoiffer, après l'adultère consommé avec Duroy. Clotilde est la plus forte, dans leur relation, parce qu'elle est riche, parce qu'elle est belle, parce qu'elle est libre, son mari ne servant dans le roman qu'à créer un plaisant contraste avec le héros.  Rachel est la première maîtresse du roman. En ce sens, c'est un révélateur, c'est elle qui fait prendre conscience à Duroy de son pouvoir sur les femmes, toutes les femmes, de la prostituée de bas étage jusqu'aux filles bien élevées de la plus haute société - enfin, celle qu'il vise : la haute finance, pas la noblesse. Rachel, en restaurant l'amour-propre du jeune pas encore journaliste, donne à la fois le coup d'envoi et le ton du roman : Duroy se moque du journaliste, il vient d'apprendre où se situe le vrai pouvoir.  Suzanne Walter est l'épouse dans les règles de l'art : une jeune fille, trop jeune même (elle n'a que seize ans, Duroy un peu plus du double), quand Madeleine était veuve, sans famille avouable ou sans famille du tout. Suzanne est un faire-valoir, un pion dans les plans de Georges ; Madeleine traitait de puissance à puissance avec son mari, les étranges conditions qu'elle pose à leur mariage en sont révélatrices. Bref, Suzanne est l'aboutissement du parcours social du Duroy : elle le pose, elle lui offre une légitimité, en tant que fille d'un homme extrêmement riche. Laurine de Marelle est la marraine, elle offre à Georges Duroy un cadeau inestimable : métamorphosée en fée, l'enfant, fille de Clotilde, baptise le médiocre journaliste de ce nom de Bel-Ami qui fera sa fortune.

       Tout ça pour dire que Bel-Ami est un roman jubilatoire... à l'unique condition de n'être pas un féministe acharné. Quoique : Duroy a beau coucher dans tous les lits, être l'amant de la mère et épouser la fille, il n'en est pas moins une sorte de poupée souriante et blonde, modelé par ses rencontres, se laissant aller au gré du courant et des caprices des femmes. S'il fait parfois preuve de caractère, c'est pour quitter une femme afin d'aller vers une autre... Le roman n'a guère vieilli : tout le monde connaît des Duroy, homme ou femme. La seule question est de savoir à quelle place : arriveront-ils un jour, comme leur célèbre modèle, à régner sur l'opinion ?

Par Mahault
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Mercredi 22 novembre 2006

       Choc littéraire des trois derniers jours : William Styron. Un journal, je ne sais plus lequel, mentionnait son nom et recommandait la lecture de ses oeuvres dans un article sur le battage médiatique qui accompagne Les Bienveillantes (toujours pas lu, mea maxima culpa, je n'ai pas le temps. Peut-être à Noël...). Toujours à la recherche d'occupation pour mes soirées, j'emprunte, sans en avoir jamais entendu parler avant, Le choix de Sophie à la BU. Il s'avère, en premier lieu, que je suis fortement imperméable aux modes littéraires, parce n'avoir jamais entendu parler de ce bouquin est une sorte d'exploit négatif. A priori, d'après les quelques critiques que j'ai eu en main, ce livre a choqué par son sujet. Non, en fait, pas par son sujet, par une sorte de "péripétie" - désolée pour le mot, je n'en trouve pas d'autre - incluse dans l'histoire. Sophie, elle est polonaise, elle vit en Amérique, nous sommes en 1947. Elle retrouve une sorte de vie normale, elle est sortie d'Auschwitz deux ans plus tôt. Pendant la guerre, elle a perdu ses parents et son mari. Ses enfants, aussi, Jan et Eva, mais nous n'apprenons leur existence qu'assez tard.  Elle est catholique et amoureuse d'un jeune homme juif, Nathan. Tout le livre, c'est le récit de Zosia raconté par le narrateur, Stingo, très jeune écrivain qui découvre tout ce qu'elle lui raconte. Bref, la raison pour laquelle ce bouquin s'est retrouvé mentionné, au hasard d'un article psychologisant, jusque dans les pages de ELLE (authentique, on ne peut pourtant pas soupçonner ces journalistes d'intelligence), ce sont les enfants de Sophie. A son arrivé au camp, Sophie se voit sommée de choisir lequel va partir à la chambre à gaz et lequel va être interné, dans le camp des enfants. Elle envoie sa fille à la mort, et ne reverra jamais son fils : nous ignorons ce qu'il devient, s'il vit, s'il meurt. A ne pas garder pour une soirée déprime, donc. C'est long (900 pages en poche), ça fait mal au coeur et il faut prévoir des mouchoirs si vous avez tendance à l'immersion totale.

       Changement de sujet. Le week-end "réunion tous ensemble a Paris" des 11 et 12 novembre s'est bien passé, malgré un manque d'organisation conjugué à quelques problèmes techniques. Il n'a pas fait beau - tant pis - les musées étaient fermés - tant mieux, ça nous a permis de nous voir, vraiment. Au programme donc, balade dans les rues de Paris, visite d'une petite galerie avec des oeuvres superjolies, très intéressantes, quelques visions ahurissantes et une belle photo floue devant Saint-Eustache. Mitraillage, aussi, de la jolie fille de notre groupe de quatre, par le beau garçon du susdit groupe. Contents de se revoir (enfin, j'espère), discussion mode "je-me-souviens" et mode actuel, rires, repas surréaliste genre mauvaise série télé (le cadre qui ne colle pas avec les personnages et l'action), c'était drôle. Je suis contente d'y être allée, et que les autres soient venus - merci.

       

Par Mahault
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Mardi 26 décembre 2006

        Bon, voilà, Noël c'est terminé, à l'année prochaine... J'ai été gâtée, des livres, des sous, une sacoche pour mon ordinateur, des bocaux étanches pour ranger les gâteaux que je fais et que je mange lentement, une moulinette à fromage (si, si), un grand foulard rose et un savon au miel.

       Retour à la littérature. Enfin, aux livres. On a offert à mon frère le bouquin de F.Fillon, La France peut supporter la vérité, et il s'est empressé de me le refiler, histoire que je le lui résume. En trois mots : chiant, pénible, répétitif. Un exposé de ses actions lorsqu'il était au gouvernement, entrelardé de critique de la gauche, quelques considérations de café du commerce sur les extrêmes. Je n'en suis qu'à la moitié, mais le reste est probablement du même tonneau... D'accord, les livres de politique, surtout en temps d'élections, bouleversent assez rarement la face du monde intellectuel. Mais, tout de même, la platitude à ce point-là...

       Donc, une cure de BD pour compenser : Le retour à la terre, les quatre tomes parus. Je ne saurais trop vous le conseiller, c'est formidable, marrant, plutôt original, et les histoires sont courtes : ce n'est pas la moindre des qualités de cette série quand on est flemmarde autant que moi.

Par Mahault
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Vendredi 16 mars 2007

       Je ne vous parle évidemment pas du temps qu'il fait, puisque c'est le printemps à Angers, mais d'un livre. Mars, de Fritz Zorn. Je ne sais rien de l'auteur, de la date de publication, je ne sais rien de tout ce paratexte que je devrais connaître, et je ne tiens pas à savoir.

       Le livre parle tout seul. C'est, en deux mots, l'histoire d'un jeune homme qui meurt de sa bonne éducation. Oh, évidemment, ça n'est pas aussi simple : enfance ennuyeuse au possible, jeunesse malade (il commence une dépression à dix-sept ans et ne s'en rend pas compte, donc ne la soigne pas), âge adulte plat et il meurt, finalement. D'un cancer qu'il n'a pas soigné assez tôt, mais l'auteur a trouvé un très beau nom pour sa maladie : pour lui, le cancer est la conséquence de la dépression, il appelle cela ses "larmes rentrées".

       J'ai aimé ce livre qui n'a rien d'exaltant, dit comme cela, parce que l'auteur nous épargne le pathos : le personnage va mourir et il trouve cela intéressant. Pas pathétique, pas larmoyant, juste une vision assez décalée, celle d'un dépressif. Coloration très noire du récit, évidemment, mais un humour froid et féroce qui m'a  réjouie, mêlé à des notations qui ne sont pas des analyses, mais sont très parlantes : le narrateur fait une fixette sur le temps qu'il fait. Il nous parle pendant des pages entières du temps qu'il fait, tout cela pour en conclure que la météo n'a aucune incidence sur son bonheur, tout simplement parce qu'il lui manque une case, la capacité à être heureux, et une case qui va avec, la capacité à se laisser déprimer par la pluie et à se réjouir du beau temps.

       Je crois que ce livre m'a plu parce que c'est une très belle description de dépression, un voyage dans ces contrées grisâtres où rien n'est assez fort pour mériter de l'attention, sinon le malheur. C'est un bouquin qui donne envie de guérir, avant que les larmes rentrées ne commencent leur funeste travail, pour, enfin, arriver à être heureux que le soleil brille, plutôt que d'être "malheureux en dépit de la pluie".

Par Mahault
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Mercredi 4 avril 2007

       Nan, je n'ai rien fait. Ce n'est pas moi qui parle, c'est le Petit Nicolas. Pas d'allusion politique là-dessous, je ne fais référence qu'à ce héros très années 70 de mon enfance, le petit garçon qui parle de "jeune premier", qui est en congé le jeudi, qui dit "on joue un western au cinéma ", qui a des copains aux noms ahurissants, même pour moi, collectionneuse acharnée de prénoms, qui va jouer au terrain vague, aime bien Edwige, la fille de M. et Mme Courteplaque, les voisins, et sa maîtresse (très années 70, elle aussi), est mauvais en arithmétique et est gâté par sa mémé. Oui, celui-là, oui. On le connaît tous, pas possible de passer à côté, et j'adore les histoires très courtes et à plusieurs niveaux de ce petit garçon normal, délicieusement désuet (copyright Cécile).

       Pour Noël, ma maman m'avait offert le premier tome des inédits, il y a deux ans. Je me suis régalée, (mention spéciale pour Isabelle-Sophie, dite Iso), inutile de dire que j'ai lu le bouquin dans la journée du 26... et que ma mère l'a pris après. Cette année, toujours pour Noël, j'ai reçu, évidemment, le deuxième tome de ces fameux inédits. Grosse, énorme déception : d'ailleurs, c'est un signe, je viens seulement de le terminer. Je trouve que l'écriture est laborieuse, pas fluide comme dans les autres tomes, qu'il y a quelque chose de forcé dans ces historiettes plus aussi drôles que les autres, voire pas drôle du tout, qu'en fait on dirait l'oeuvre d'un plagiaire pas hyper doué qui a voulu "faire du Petit Nicolas". Entendons-nous bien, je ne jette la pierre à personne. Je trouve juste que ces histoires, à quelques exceptions près, ne sont pas bonnes. C'est poussif, lourd, répétitif, et, pour tout dire, une des rares choses que j'ai aimé dans ce livre, ce sont les illustrations, toujours excellentes, elles. Pourtant, j'étais une inconditionnelle de ce petit héros : désolée, Nicolas, je ne sais pas s'il y a encore des anecdotes sur toi dans les tiroirs du feu auteur, mais tes problèmes de robinet qui coule dans une baignoire percée, tu les résoudras sans moi.

Par Mahault
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